2012


Quang-Tri Vo- DRM-MOST
« Les fondements et les processus de l’intégration organisationnelle. La banque de détail France du Crédit Agricole »
Le 30 mai 2012, sous la direction de Jean-Claude Thoenig.

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L’intégration figure parmi les concepts coeur de la théorie des organisations, qui ont accompagné l’essor des sciences sociales. Constatant la difficulté de fédérer les ensembles humains, les chercheurs et praticiens explorèrent obstinément les ressorts de l’action, à la recherche des conditions de l’unité, de la coopération, et de la formulation de l’accord. L’accumulation de découvertes dévoila la complexité et les multiples facettes de l’intégration, ainsi que la variété de ses fondements : dispositifs formels, culturels, systèmes d’action ou dynamiques cognitives. Pourtant, l’usage managérial peut réduire le phénomène au contrôle et à la hiérarchie, lui prêtant à tort les attributs d’homogénéité, de discipline et d’harmonie relationnelle. Le fonctionnement atypique de la banque de détail France du Crédit Agricole corrige ces déformations. Organisation démocratique, non-centralisée, et très diverse, elle déploie en son sein des processus d’intégration variés et robustes, par un assemblage sophistiqué des différentes composantes sociales repérées par la science. Ce cas rappelle la fonction fondamentale de l’intégration, qui consiste à rendre compatibles des logiques d’actions hétérogènes et à concilier la diversité, afin de permettre le fonctionnement collectif. Il attire l’attention sur les formes, parfois surprenantes, de l’intégration et souligne les bénéfices fonctionnels de la variété interne. Enfin, cette recherche articule des théories de l’intégration et de l’action complémentaires, et propose sur cette base un bagage conceptuel, méthodologique et analytique pluraliste, apte à rendre compte de la complétude et de la richesse du phénomène.


Anouar Kahloul- DRM-MOST
« Contribution à l’étude du pouvoir de la profession comptable dans la normalisation internationale »
Le 26 novembre 2012, sous la direction de Bernard Colasse et de Rouba Chantiri.

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Cette recherche tente d’évaluer le pouvoir de la profession comptable dans le cadre de la normalisation internationale après la réforme des institutions en 2001. La normalisation comptable internationale, processus technique et politique, se prête à une étude à travers les relations de pouvoir. Une grille d’analyse théorique est construite sur la base du cadre du pouvoir de Lukes (1974, 2005). Elle est ensuite appliquée à l’étude du pouvoir de la profession comptable sur le normalisateur international, en privilégiant la première dimension de ce cadre, l’étude des conflits observables, et la troisième dimension, l’étude des conflits latents. La première dimension est opérationnalisée à travers l’étude du développement d’un projet particulier, la norme IFRS 3 « Regroupements d’entreprises ». Les résultats montrent que l’IASB n’a pas changé sa position sur les questions clés du projet malgré l’opposition des membres de la profession comptable. La troisième dimension est opérationnalisée par l’étude de la composition des principales instances du normalisateur international. L’étude des dispositions des statuts et l’analyse du profil effectif des normalisateurs permettent de mettre en évidence une présence renforcée des membres des grands cabinets d’audit. Les résultats de ces deux études sont enfin comparés, discutés et rapprochés


Stephan Pezé- DRM-MOST
« La construction identitaire en situation. Le cas de managers à l’épreuve de la détresse de leurs collaborateurs »
Le 26 novembre 2012, sous la direction d’Isabelle Huault.

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En théorie des organisations, une conception dominante étudie la construction de l’identité individuelle lors d’événements majeurs de l’existence. En contrepoint, suivant une approche processuelle, nous cherchons à mieux comprendre la construction identitaire en situation de travail. Pour opérationnaliser la notion de situation, nous empruntons le concept d’épreuve au sociologue Danilo Martuccelli. Nous réalisons une étude de cas multiples. 29 récits d’épreuves de gestion de collaborateurs en détresse sont collectés via 45 entretiens auprès de 24 managers et plusieurs journées d’observation. Au travers de l’analyse approfondie de quatre cas choisis pour leur intérêt intrinsèque et d’une analyse inter-cas, nous faisons émerger trois grands types de dynamiques identitaires. Ces dynamiques sont ensuite regroupées dans une modélisation de la construction identitaire en situation capable d’intégrer simultanément divers degrés de changement et de maintien identitaire. Nous montrons ainsi que l’apparente stabilité de l’identité dissimule un processus permanent de reconstruction de soi indissociables de la réalisation des tâches du travail quotidien


Hélène Peton- DRM-MOST
« Mouvements Sociaux et processus de désinstitutionnalisation. Le cas de l’amiante en France »
Le 5 décembre 2012, sousla direction d’Isabelle Huault.

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Croisant théorie néo-institutionnaliste et théorie des mouvements sociaux, cette thèse en stratégie explore la dialectique entre travail institutionnel disruptif et travail institutionnel défensif mettant ainsi en évidence les stratégies et contre stratégies qui peuvent être déployées au sein d’un champ organisationnel. Grâce à une étude de cas longitudinale, nous étudions l’histoire de l’amiante en France, entre 1970 et 1997. Entre contestation et collaboration, le cas est marqué par des luttes institutionnelles longues et complexes. Notre analyse s’appuie sur des données d’archives variées dont des archives audiovisuelles. Notre étude souligne l’évolution des répertoires tactiques mobilisés contre l’institution. Les tactiques persuasives conduiront à un changement de la pratique institutionnalisée pourtant maintenue par un travail de défense marqué par la mise en place d’une organisation frontière, le Comité Permanent Amiante, appelé aujourd’hui le « lobby de l’or blanc ». Seules des tactiques destructrices, portant sur les dimensions les plus ouvertes de l’institution, conduiront à sa délégitimation. Nous soulignons alors le rôle du pilier régulatif dans cette stratégie.


Ingrid Fasshauer- DRM-MOST
« Les interactions entre contrôle et stratégie: redéfinition du rôle des cadres intermédiaires et du levier interactif de contrôle »
Le 10 décembre 2012, sous la direction de Nicolas Berland.

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Cette thèse étudie les relations entre contrôle et stratégie. Elle vise à enrichir le cadre théorique des quatre leviers du contrôle de Simons (1995) en s’intéressant aux interactions entre les acteurs de l’organisation, autour des dispositifs de contrôle, pour élaborer et mettre en œuvre la stratégie. Mobilisant le cadre théorique de la sociologie de l’acteur-réseau (ANT), ce travail, basé sur une étude de cas, met en évidence un double processus de traduction de la stratégie. D’une part, les dirigeants conçoivent les systèmes de contrôle pour intéresser les cadres intermédiaires à la stratégie globale, d’autre part les cadres intermédiaires utilisent ces mêmes systèmes pour intéresser la direction à leurs propres propositions de stratégie locale. Dans ce double processus de traduction, le levier interactif de contrôle, basé sur des interactions en face-à-face, joue un rôle central. La recherche permet d’identifier deux usages différents du levier interactif : un usage ouvert, permettant l’émergence de stratégie et un usage plus fermé permettant la mise en œuvre de stratégies délibérées. Cette mise en évidence de deux usages différents du levier interactif permet d’expliquer les contradictions apparentes des recherches mobilisant le cadre théorique de Simons et ouvre la voie à de futures recherches sur les liens entre contrôle et innovation