2015


Delphine Minchella - DRM-MOST
« Le rôle de la spatialité dans la mise en place du New Model Worker »
Sous la direction de Véronique Perret, le 6 mai 2015

En savoir plus

Les organisations, tentées par la perspective de transformer un poste de dépense considérable en véritable ressource organisationnelle, envisagent généralement leur espace comme un potentiel outil de management, mais de l'espace conçu à l'espace vécu, on observe souvent un décalage remarquable. Cette thèse pose la question de ce que peut révéler un espace organisationnel du management pratiqué en son sein : au-delà des déclarations d'intention, que peut-on comprendre de l'espace? De la façon dont il est administré? Notre terrain d'observation est le siège social d'une grande banque internationale, de son projet architectural initial (rédigé en 1989) jusqu'à nos jours, soit six ans de construction (livraison des tours en 1995), et dix-neuf années de pratique spatiale. Ce cas emblématique a retenu notre attention car le projet consistait à faciliter la mise en place d'un "New Model Worker" par un aménagement spatial particulier, propice à la communication informelle. L'analyse de nos données nous a finalement permis de mettre au point une grille de lecture - regroupant la territorialisation, la valorisation et la localisation - pour mieux appréhender l'espace des organisations.


Claire Ciampi - DRM-MOST
« Influence des usages des technologies de l’information sur les assemblages de contrôles »
Sous la direction de Nicolas Berland, le 18 novembre 2015

En savoir plus

Cette thèse analyse les usages des technologies de l’information dans les organisations et leur influence sur les assemblages de contrôles. Un modèle d’analyse structurationniste des conséquences des usages des technologies fait l’objet d’une adaptation aux assemblages de contrôles. Ce modèle est mobilisé sur un cas d’appropriation d’une technologie de base de données collaborative. Cette étude comprend une phase préliminaire de 34 entretiens. 44 autres entretiens et 14 journées d’observation sont réalisés pour étudier un processus d’appropriation de sept années. La thèse montre que les usages de la technologie s’apparentent à une négociation aboutissant à la révision des contrôles utilisés. Deux changements sont mis en avant. D’un côté, on assiste à l’actualisation des contrôles administratifs qui se coalisent pour obtenir une reddition de comptes systématique et spontanée des individus. De l’autre, on assiste à une dissolution des contrôles sociaux et à un repositionnement des dispositifs intégratifs au carrefour du contrôle social et administratif. Ces changements traduisent la diffusion d’une logique comptable avancée dans l’organisation.


Stéphane Jaumier - DRM-MOST
« Pouvoir, contrôle et résistance dans les coopératives de salariés: Une ethnographie d'une coopérative ouvrière »
Sous la direction d’Isabelle Huault, le 24 novembre 2015

En savoir plus

Mon étude s’intéresse aux questions de pouvoir, contrôle et résistance au sein des coopératives de salariés. Dans une première partie, j’analyse une situation d’échange entre représentants du monde coopératif de façon à montrer le rôle joué par la critique dans leur appréhension du pluralisme caractérisant leur environnement. Le reste de mon travail repose sur l’étude ethnographique d’une tôlerie coopérative comprenant une trentaine de salariés-associés, et dans laquelle j’ai travaillé comme ouvrier durant une année. J’y détecte deux formes de contrôle principales à l’œuvre. La première repose sur des mécanismes essentiellement verticaux, dirigés du bas vers le haut, et par lesquels les coopérateurs sapent l’autorité de leurs chefs de façon à garantir le fonctionnement démocratique de l’organisation. La seconde s’apparente à une forme de contrôle par les pairs, fondée sur une éthique artisanale, et sur laquelle les coopérateurs s’appuient pour empêcher la managérialisation de leur organisation. Mon travail contribue ainsi à montrer l’intérêt de l’étude de formes alternatives d’organisation telles que les coopératives pour la compréhension des questions de pouvoir, contrôle et résistance ainsi que la façon dont le recours à une culture professionnelle forte peut faire obstacle à la matérialisation du risque de dégénérescence coopérative.


Marie-Aline de Rocquigny - DRM-MOST
« L’informatique de gestion, entre technique pure et outil de gestion. Une perspective historique à travers les discours des responsables informatiques de 1970 à 2000 »
Sous la direction d’Anne Pezet, le 26 novembre 2015

En savoir plus

Cette recherche vise à comprendre comment est pensé l’apport de l’informatique de gestion dans l’organisation. Elle s’appuie sur une analyse des discours des responsables de l’informatique de gestion entre 1970 et 2000. Elle confronte les archives d’une association de professionnels, le Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises (CIGREF), avec des publications d’époque et des témoignages rétrospectifs. Elle montre l’évolution des représentations portées sur l’informatique de gestion dans leur contexte historique. Au-delà des périodes, elle met en évidence deux conceptions différentes de la technique, qui guident le management de la fonction. Dans un cas, l’informatique de gestion est pensée comme une technique pure qui porte intrinsèquement des vertus pour la gestion. Le temps réel, par exemple, est à envisager parce qu’il accroît la rapidité de circulation de l’information, considéré comme un élément essentiel de la compétitivité des entreprises. La fonction développe alors le potentiel technique à la disposition de l’entreprise. Dans l’autre, elle est considérée comme un outil de gestion qui encastre dans un support technique une vision des méthodes et des relations à déployer dans l’entreprise et véhicule le changement organisationnel. La fonction se doit alors d’appréhender les enjeux opérationnels pour proposer un agencement technique pertinent. Enfin, la recherche montre que la seconde conception est promue afin de renforcer la légitimité de la technique et de la fonction dans les organisations.


Hélène Picard - DRM-MOST
« Entreprises libérées », parole libérée ? Lectures critiques de l'émancipation comme projet managérial émancipateur »
Sous la direction de Françoise Dany, le 5 décembre 2015

En savoir plus

Cette recherche porte sur la réappropriation managériale des thématiques d’émancipation dans les organisations contemporaines. La thèse s’intéresse particulièrement à deux cas d’entreprises dites « libérées », supposées illustrer les succès économiques et humanistes d’une mise en discussion du travail (la « libération » de la parole) et d’une suspension de l’autorité hiérarchique (la « libération » des structures). La thèse interroge les effets de ces dispositifs et de ces pratiques pour les membres de l’organisation, au plan individuel et collectif. La thèse mobilise une double grille théorique, associant la théorie habermassienne de l’agir communicationnel – afin d’évaluer les potentialités de « décolonisation » du monde vécu des employés ; à une perspective psychanalytique d’inspiration lacanienne – afin d’analyser les dynamiques psychiques liées à la suspension de l’autorité hiérarchique et à l’instauration d’espaces de discussion sensés « libérer » la parole. La thèse contribue aux débats existants sur la participation des salariés, dans les contextes contemporains où un tournant plus clairement « post-autoritaire » est affirmé. Nous mettons en avant des pré-requis au maintien d’une parole ouverte et respectueuse des sujets, en tant qu’acteurs rationnels, et en tant que sujets « divisés » et désirants. La thèse s’inscrit également dans le prolongement des études critiques du management : nous explorons les côtés sombres de cette rhétorique émancipatrice du management contemporain.


Alexandre Rambaud - DRM-MOST
« La valeur d'existence »
Sous la direction de Jacques Richard, le 7 décembre 2015

En savoir plus

Cette thèse étudie l’intégration d’entités environnementales pour elles-mêmes (EEPM) dans la comptabilité générale d’entreprise. Nous resituons premièrement les termes de cette question (Q) dans le cadre des rapports Homme/Nature via une analyse de la Modernité. Nous en déduisons 3 approches-types de Q : une Moderne Orthodoxe centrée sur l’objectivation et incluant notamment la valeur d’existence ; une Moderne renvoyant à l’Ethique Environnementale, où les entités non-humaines sont subjectivées via la valeur intrinsèque ; une a-Moderne Ecologique Relationnelle. Nous montrons ensuite que la ligne narrative centrale de la comptabilité financière est celle du maintien d’un capital – Fundiste, Matérialiste ou monétaire. Nous redéfinissons ainsi la notion de capital de manière étendue et construisons un Modèle Comptable Intégratif (MCI), systématisant l’extension des états financiers à tout capital à partir du principe de maintien des capitaux. Nous relions finalement l’intégration d’EEPM selon chaque approche-type au maintien de certains capitaux et appliquons le MCI à ceux-ci pour obtenir des modèles comptables répondant de façon méthodique à Q.