2018

Sylvain Audureau
Sous la direction de David Courpasson, le 21 juin 2018.
DRM-MOST

«Un destin qui bascule. L'entrepreneuriat, comme processus d'émancipation collectif et transgénérationnel. Analyse de parcours d'entrepreneurs français d'Algérie, dans les périodes coloniales et postcoloniales»


Mahaut Fanchini
Sous la direction de Véronique Perret, le 10 juillet 2018.
DRM-MOST

«Les modes informels d'apprentissage numérique : le cas des travailleurs du savoir»

Cette recherche vise à interroger la façon dont des dispositifs organisationnels (formels et informels) façonnent la démarche d’alerte, lancée par un employé qui souhaite témoigner d’une fraude ou d’un manquement à l’éthique organisationnel. Inscrite dans un paradigme interprétativiste, notre design de recherche repose sur des entretiens qualitatifs ainsi que sur des récits de vie conduits avec des lanceurs d’alerte. Nos résultats permettent de montrer l’inopérance des dispositifs formels (outils de recueil de l’alerte) mis en place par l’organisation pour recueillir la parole de l’employé, qui manquent de traiter correctement l’alerte qui leur est signalée ; d’autre part, nous caractérisons l’idée selon laquelle d’autres dispositifs, plus informels, placent eux-mêmes, par leur non-réponse ou réponses ambiguës, l’employé en situation de lancer l’alerte, en dehors des dispositifs qui avaient été mis en place par l’organisation. Enfin, nous interrogeons la possibilité qui est laissée à un employé d’exprimer un doute lorsque celui-ci concerne le bien-fondé éthique de certaines pratiques organisationnelles.


Cécile Petitgand
Sous la direction d’Isabelle Huault et Graziella Comini (São Paulo), le 11 juillet 2018.
DRM-MOST

«La gestion émancipatrice des entreprises sociales : étude ethnographique d’une organisation du secteur de la mode à São Paulo (Brésil)»

Cette recherche porte sur la gestion émancipatrice mise en œuvre par les entreprises sociales en vue de libérer leurs bénéficiaires – les populations « cibles » de leurs actions – de la pauvreté et de l’exclusion. Nous nous intéressons au cas particulier d’une entreprise sociale brésilienne, localisée dans la ville de São Paulo, dont la mission principale est de former des couturières et des artisans de quartiers populaires pour les intégrer au marché de la mode en tant qu’acteurs professionnels et autonomes. Reposant sur une étude ethnographique de près de dix-huit mois, cette thèse met en évidence la nature ambivalente des pratiques de gestion des entrepreneurs sociaux, en démontrant leurs effets à la fois libérateurs et oppressifs sur leurs bénéficiaires. En s’appuyant sur la théorie de l’émancipation développée par le pédagogue brésilien Paulo Freire, une référence décisive pour les entrepreneurs sociaux, cette thèse se propose de porter un regard critique sur le projet émancipatoire des entreprises sociales. Elle vise ainsi à apporter trois types de contribution à la littérature sur l’entrepreneuriat social. Sur le plan méthodologique, tout d’abord, cette étude met en avant la richesse d’une approche ethnographique interprétativiste et processuelle pour cerner toute la complexité des pratiques quotidiennes des entrepreneurs sociaux. Sur le plan théorique, ensuite, cette thèse replace au cœur du débat académique la question des relations entre entrepreneurs sociaux et populations locales, en faisant de ces dernières des acteurs centraux pour juger le potentiel émancipateur de l’entrepreneuriat social. Enfin, sur le plan de la pratique, cette étude propose de rénover la formation des entrepreneurs sociaux afin de redonner toute sa place aux thèmes du pouvoir et de ses déséquilibres, au sein du cursus des futurs praticiens de l’entrepreneuriat social.