Paul Richard, doctorant au sein de l'équipe MOST du laboratoire DRM, sous la direction de François-Xavier de Vaujany, publie un article dans la revue Human Relations (SAGE).
Les entreprises interviennent de plus en plus dans la présence de leur personnel sur les réseaux sociaux professionnels, à travers des programmes de formation et des politiques internes qui encouragent à considérer son profil comme un actif à cultiver en vue d'un rendement futur.
L'article s'appuie sur une ethnographie numérique de deux ans consacrée à un programme interne de formation à LinkedIn au sein d'une entreprise publique française. Il montre comment cette formation régule le rapport des participantes et des participants à leur identité numérique : elle commence par nier que leur profil ait un lien avec leur identité, pour ensuite seulement les inviter à y réinvestir un sens personnel, dans le cadre même que ce déni a établi.
La manière inégale dont les participantes et les participants ont répondu à cette invitation met en lumière l'imbrication de la régulation identitaire et de l'assetisation, c'est-à-dire la transformation d'une entité en actif. Elle montre aussi qu'un profil, une fois transformé en actif, peut continuer à générer de la valeur pour l'organisation bien après que la personne qui l'incarne s'en est désengagée.
Référence
Richard, P. (2026). 'Don't forget to post it on LinkedIn': Identity regulation and the assetization of employees' online selves. Human Relations. https://doi.org/10.1177/00187267261490718