LinkedIn : quand l'entreprise façonne l'identité numérique du personnel

2 octobre 26

Paul Richard (DRM, équipe MOST) publie dans Human Relations une étude sur la régulation des profils LinkedIn du personnel.

Paul Richard, doctorant au sein de l'équipe MOST du laboratoire DRM, sous la direction de François-Xavier de Vaujany, publie un article dans la revue Human Relations (SAGE).

Les entreprises interviennent de plus en plus dans la présence de leur personnel sur les réseaux sociaux professionnels, à travers des programmes de formation et des politiques internes qui encouragent à considérer son profil comme un actif à cultiver en vue d'un rendement futur.

L'article s'appuie sur une ethnographie numérique de deux ans consacrée à un programme interne de formation à LinkedIn au sein d'une entreprise publique française. Il montre comment cette formation régule le rapport des participantes et des participants à leur identité numérique : elle commence par nier que leur profil ait un lien avec leur identité, pour ensuite seulement les inviter à y réinvestir un sens personnel, dans le cadre même que ce déni a établi.

La manière inégale dont les participantes et les participants ont répondu à cette invitation met en lumière l'imbrication de la régulation identitaire et de l'assetisation, c'est-à-dire la transformation d'une entité en actif. Elle montre aussi qu'un profil, une fois transformé en actif, peut continuer à générer de la valeur pour l'organisation bien après que la personne qui l'incarne s'en est désengagée.

Référence
Richard, P. (2026). 'Don't forget to post it on LinkedIn': Identity regulation and the assetization of employees' online selves. Human Relations. https://doi.org/10.1177/00187267261490718